Stratégie-sécurité
Quelle stratégie pour renforcer la sécurité des personnes et des biens face à la recrudescence des vols, des braquages et à la violence qui en découle? (Par Djibril SARR – SECURIZONS)

Encourager la prévention et la dissuasion. Faciliter la détection et l’intervention. Rendre plus facile les investigations
Le constat est unanime. La recrudescence des attaques contre des organisations et des particuliers est notée dans la capitale et sur la petite côte où les hôtels ne sont pas épargnés.
Malheureusement, les dispositifs de sécurité mis en place, s’il en existe, ne sont pas suffisants pour faire face à la détermination des assaillants. Les agents de sécurité privés déployés ne sont souvent pas assez bien préparés, ni outillés, ni suffisants pour contrer les bandes de malfaiteurs, surtout lorsqu’ils sont armés.
Les forces de défense et de sécurité (FDS) ne peuvent pas mettre des agents devant chaque organisation. Malgré le caractère dissuasif des patrouilles, la témérité des malfaiteurs est telle qu’ils parviennent à agir dans des créneaux et un modus operandi qui leur permettent d’amoindrir le risque d’être trouvés sur place par les forces publiques de sécurité.
Dans leur mission régalienne de protection des populations et de leurs biens, les forces de sécurité et de défense sénégalaises interviennent chaque fois qu’elles sont informées de tels agissements. La plupart des attaques sont perpétrées de nuit. Si les bandes sont armées, les inévitables courses poursuites qui s’ensuivent s’accompagnent d’échanges de coups de feu parfois fatals aux deux camps. Les regrettables dégâts collatéraux se traduisent malheureusement par la perte de vies humaines. Ce qui est regrettable.
Cet état de fait inquiète au plus haut niveau. Les populations doivent être solidaires de la politique de renforcement de la sécurité. Elles doivent être acteurs et non spectateurs passifs dans la conduite de la politique sécuritaire du pays. Mais chacun fait selon ses possibilités et selon ses limites.
Face à cette situation préoccupante, on peut valablement se poser la question de savoir s’il existe des procédés et des dispositifs capables de contribuer efficacement à la réduction des braquages et de la violence qui en découle ?
Le renforcement des moyens de riposte des forces de défense et de sécurité est-il une condition suffisante ? Ou faut-il en plus de cela changer de paradigme en misant sur la prévention, la dissuasion à travers la mise en place de dispositifs intelligents contre la criminalité?
A travers ces pistes de réflexion et de partage, nous avons jeté d’abord un regard sur les dispositifs efficaces contre les agressions notamment les systèmes d’alarme, de vidéosurveillance en renforcement des dispositifs d’obstacles physiques.
Nous avons identifié trois familles de risques et proposé trois pistes de solutions:
- une solution de détection et d’alerte automatique,
- une solution de vidéosurveillance,
- une solution de protection et de ralentissement des infractions.
- Détecter les intrusions et alerter automatiquement les fds
Nous recommandons aux organisations et particuliers stockant dans leurs locaux des valeurs fiduciaires ou des équipements de valeur convoités par les malfaiteurs de mettre en place un système d’alarme anti intrusion composé d’une centrale intelligente, de détecteurs d’ouverture de porte et de détecteurs de présence avec une fonction permettant d’alerter automatiquement la brigade de gendarmerie, le commissariat de police et leurs équipes de patrouille.
Un système d’alarme prévient les cambriolages ou incendies en alertant les propriétaires des lieux protégés ou un prestataire de services de télésurveillance. Il a également l’avantage de dissuader les cambrioleurs, d’alerter les voisins et de diminuer le montant de la prime d’assurance. Pour une sécurité optimale, il faut un nombre suffisant de détecteurs en fonction de la taille du site et du nombre d’accès.
Un tel système joue un rôle dissuasif contre les attaques des établissements publics et privés stockant de l’argent. Qui plus est, en cas d’intrusion des forces suffisantes peuvent être mobilisées selon les révélations de la levée de doute effectuée grâce à la vidéo surveillance traitée dans ce qui suit. Chaque région ou commune peut avoir une salle mutualisée de surveillance des alarmes gérée conjointement par le mixte gendarmerie/police/asp pour le public ou par un privé rémunéré en conséquence selon les interventions qu’il fera.
Chaque alerte peut être déclenchée soit automatiquement par des détecteurs cités plus haut, soit manuellement par activation d’un bouton sos à disposition. Elle permet de transmettre aux FDS, le nom de l’organisation victime de l’attaque et son adresse géoréférencée (coordonnées GPS) permettant aux FDS d’être guidée automatiquement sur une carte de géolocalisation, vers l’endroit concerné.

Pendant ce temps, les responsables du site et toute personne habilitée reçoivent également les notifications d’intrusion. Ainsi une vérification peut être envisagée avant tout déplacement et suivant un protocole qui évite les cas de déclaration sous contrainte.
Il reste évident que l’opérationnalisation de tels dispositifs nécessite une bonne politique de communication sur le protocole qui sera défini par les FDS et respecté par les bénéficiaires. Il est prévu dans ce modèle que chaque acteur qui acquiert son système puisse être autorisé à alerter automatiquement la brigade ou le poste de sa zone.
- Filmer par des caméras pour dissuader et stocker sur le cloud pour investiguer
Il est recommandé de prévoir également des caméras qui enregistrent à distance dans un datacenter sécurisé et hors de portée des agresseurs. Ce dispositif facilite les investigations même si la plupart des assaillants prennent la précaution de mettre un cagoule. d’où l’importance de la conjonction alarme et vidéosurveillance.
La vidéosurveillance vient compléter les solutions de lutte contre les vols perpétrés. Le concept le plus en vogue répondant parfaitement à cette préoccupation se traduit par une vidéosurveillance à distance avec un stockage cloud venant en appoint au stockage local. Les images sont accessibles à distance via un smartphone et peuvent aussi être visualisées dans une salle centralisée de surveillance.
L’avantage d’une telle technologie est d’empêcher que les malfaiteurs ne partent avec le système d’enregistrement local ou ne le détruise pour le rendre inexploitable.
Avec un stockage cloud l’image provenant de la caméra est enregistrée jusqu’à son arrachement ou son sabotage de quelque manière que ce soit.
Toutefois il faut prendre la précaution de choisir des caméras d’une résolution suffisante pour l’identification. Aussi, positionner chaque caméra à la distance maximale requise pour ne pas compromettre la reconnaissance. En effet, en matière de vidéosurveillance, selon les caractéristiques et la position d’une caméra, sa fonction peut servir à détecter, à reconnaître ou à identifier.
Les besoins de résolution d’un système de vidéosurveillance sont déterminés par le pourcentage de l’écran occupé par l’objet observé.
Par exemple, détecter la présence d’une personne dans une scène pourrait nécessiter que la personne occupe 10 % de la vue.
Reconnaître une personne connue pourrait nécessiter que la personne occupe 50 % de la vue.
Identifier une personne peut requérir 120 % ou plus.
Dans une configuration numérique IP, les caméras réseau proposent une large gamme de résolutions. L’utilisation des spécifications en pourcentage n’est plus appropriée. Les pixels sont maintenant utilisés pour spécifier la résolution.
- Protéger les fonds et ralentir le travail des agresseurs
En plus des dispositifs de télésurveillance, nous préconisons la mise en place d’obstacles physiques pour empêcher le sinistre, ralentir son déroulement ou amoindrir ses effets :
- Face au risque Vol : coffre-fort, porte blindée, porte forte
- Face au risque Agression : la caisse temporisée (pour les commerces et les stations de service)
- Face au risque Feu : armoires ignifuge
Il existe une norme européenne 1143-1 label A2P qui offre 7 niveaux de classe de coffres selon le montant plafond assurable. Nous distinguons :
– Les coffres non normés : qui, selon le modèle, sont destinés aux particuliers, chambre d’hôtel, banque, industrie, etc. sans exigence d’agrément
– les Coffres normés : avec la classe CSE pour les risques courants, vide poches ; les classes I, II, III pour le risque bancaire, industriel ; les classes IV, V, VI pour le haut risque bancaire, bijoutier, joaillier
Le choix d’un coffre est déterminé par les 3 critères : volume, degré de protection et l’équipement en serrures (une serrure à clé, une combinaison mécanique, serrure électronique, etc.)
-
- Sceller les coffres au sol ou au mur
Les options de scellement proposées avec les coffres sont fortement recommandées. Ce scellement peut être au mur ou au sol. Ce dispositif empêche le déplacement du coffre par les assaillants, pratique qu’ils ont l’habitude d’adopter lorsqu’ils peinent à ouvrir le coffre. En effet, dans la plupart des cas, devant des difficultés ou sous le coup de l’empressement, les malfaiteurs finissent par embarquer le coffre pour se donner le temps de l’ouverture dans un lieu plus tranquille par des moyens moins conventionnels.
-
- S’équiper de caisse temporisée à l’ouverture
Au-delà des vols de nuits, le risque d’agression pendant l’exercice du travail est réel et constitue également une problématique qui appelle de notre part la recommandation ci-après.
Contre les attaques au guichet, il existe des solutions pour retarder l’agresseur et le mettre en situation de s’enfuir avant d’avoir pu dérober des valeurs. La solution préconisée est la caisse temporisée à l’ouverture. Lorsque l’on veut ouvrir la réserve où se trouvent les valeurs, il faut forcément lancer une temporisation et attendre sa fin pour ouvrir la réserve. La temporisation est décomptée sur les afficheurs et l’agresseur sait qu’il ne peut en être autrement.
Au terme de cette analyse, nous restons persuadés qu’avec une bonne mise en pratique des recommandations issues de cette réflexion, l’objectif de réduire la violence consécutive aux tentatives de vols à mains armées sera atteint.
La présente production s’est limitée à quelques normes connues. Une étude plus approfondie peut faire ressortir d’autres possibilités sur tous les volets exposés. D’autre part, nous sommes persuadés que les recommandations sur la télésurveillance et les dispositifs de protection (vol, feu et indiscrétion), sont applicables à d’autres sites sensibles comme certains bureaux du parquet qui peuvent être vandalisés ou dévalisés.
Djibril SARR
www.securizons.com