Le comportement premier levier de développement
LE COMPORTEMENT PREMIER LEVIER DE DEVELOPPEMENT
Pour le développement du pays, soyons partisans du comportement responsable!
L’édification d’une tour immense, stable et évolutive ne relève pas seulement d’un rêve architectural. Elle est tributaire de la nature du terrain choisi, de la qualité du terrassement, de la robustesse de la fondation et du comportement de ses occupants.
Par analogie, participer à l’effort de construction du pays se traduit par l’adoption de fondamentaux comme un comportement et une discipline exemplaires favorables à la qualité de vie et à l’émergence auxquelles nous aspirons. Cela ne peut se faire sans un changement de mentalité et son érection comme levier de développement.
L’un des signes distinctifs d’une émergence réussie est la mentalité qui anime ses acteurs. Les citoyens sont les principaux acteurs de la marche vers le développement. Ils doivent sans exception, quels que soient leur camp, leur idéologie et leur appartenance politique, adopter un comportement en adéquation avec les exigences de développement.
On ne peut bâtir à partir du sommet vers le bas. Le développement part de la base et s’appuie sur un accompagnement politique pour atteindre une hauteur confortable.
Le comportement responsable et citoyen se traduit, entre autres, par une bonne utilisation des infrastructures, un usage respectueux des espaces privés et publics mais également une hygiène de vie capable d’amoindrir les problèmes de santé. La baisse des besoins de prise en charge médicale impacte positivement la qualité de service dans les structures sanitaires.
Face à la demande sociale de plus en plus exigeante, des fonds chèrement levés auprès de partenaires financiers sont dépensés pour améliorer les conditions de vie des populations. Ces investissements ont besoin d’une forte promotion de l’action citoyenne pour un changement positif de mentalité.
Les actes contre-productifs avérés de vandalisme, d’indiscipline voire de sabotage, perpétrés par une certaine population inconsciente induisent des coûts de surveillance, de répression et de sensibilisation qui auraient pu soulager d’autres besoins vitaux.
Veiller scrupuleusement à l’hygiène de vie, à la sécurité domestique mais également à la santé et la sécurité au travail limite les sollicitations récurrentes aux services sanitaires.
Le changement de comportement réduit voire élimine les coûts de l’indiscipline. Éviter de salir fait partie des petits gestes aux grands effets. Il peut pallier l’insuffisance de moyens nécessaires à la lutte contre l’insalubrité et permettre d’orienter les investissements consacrés à l’édification d’obstacles physiques pour empêcher les traversées piétonnes de chaussées parfois à proximité des passerelles si ce n’est sous celles-ci. Ces obstacles servent également à prévenir les demi-tours ou violation exagérées des limites de voies surtout en l’absence d’agents de police seuls composants du système respectés par toutes les catégories sociales.
Respecter le code de la route, adopter un comportement responsable du repos lorsqu’on est subitement pris par la fatigue, résister à l’addiction des stupéfiants et du téléphone surtout dans ce monde hyper connecté où même le volant ne suspend pas whatsapp, sont parmi les leviers comportementaux capables d’améliorer la mobilité urbaine et de résorber les accidents de la route – indicateurs clés de performance économique.
Le Maslaha exagéré nous rend souvent indirectement complices d’actes d’incivisme que nous encourageons d’autres personnes à commettre. Sous l’indulgence des automobilistes, ils sont nombreux à renoncer aux passerelles piétonnes pourtant aménagées pour leur sécurité, pour traverser la chaussée, perturbant la fluidité de la circulation au mieux des cas, s’ils ne créent pas des accidents voire des carambolages. C’est au nom de ce même principe de Maslaha qu’on encourage l’indiscipline en facilitant l’insertion dans les rangs, d’automobilistes qui se prennent pour plus pressés que tout le monde et qui sortent des files pour gagner une bonne place à l’entame des bretelles de sortie des autoponts. Ne faisant aucun effort pour partir à temps, ces personnes ne comptent que sur leur égoïsme, l’insuffisance des services d’ordre et l’absence de la vidéo supervision pour gagner impunément quelques minutes au prix d’une démonstration d’indiscipline sans risque de contravention. Ils sont ainsi indûment récompensés à côté des automobilistes disciplinés qui préfèrent garder leurs principes. C’est un problème de personnalité. Ne craignez pas la solitude dans le bon comportement. Que votre conscience soit l’agent qui vous surveille et qui vous verbalise. Personne d’autre!
Il s’y ajoute l’occupation abusive des voies à l’occasion des cérémonies culturelles, religieuses, politiques, entre autres, doublée d’un tapage sonore qui ne trouve sa justification dans aucun Livre. Des malades, travailleurs du lendemain et personnes lambda en quête de repos mérité après une journée de dur labeur s’en trouvent bien affectés et n’ont que la tolérance de leur âme comme consolation au nom de leur apport considérable à la paix sociale et au vivre ensemble.
Ces déchets comportementaux entravent la qualité de vie des populations, la fluidité de la circulation, l’efficacité des secours pour ne citer que ces conséquences négatives.
Nous constatons, par ailleurs, pour le déplorer, des cadavres, abats ou peaux d’animaux domestiques, morts après services rendus ou fidèle compagnonnage, gisant dans les canalisations ouvertes et obstruant les bouches d’égouts. Avoir un animal de compagnie ou domestique comme nous en avons l’habitude – chien, moutons, etc., implique leur perte à un moment donné si ce n’est nous qui partons avant eux. Ces séparations nous rendent tristes certes. Mais il n’en demeure pas moins qu’il faille organiser et surveiller le traitement approprié en termes d’inhumation et d’incinération des dépouilles d’animaux. Nombreux sont les citoyens disposés à faire appel aux services d’équarrissage privés ou publics pour leur confier l’enlèvement et le traitement de la dépouille de leurs animaux morts. D’abord par humanisme, ensuite par obligation pour des raisons d’hygiène et de santé publique au nom desquelles il est interdit de déposer des cadavres d’animaux sur la voie publique ou dans les ordures ménagères.
Hélas, ces déchets spéciaux sont parfois abandonnés au milieu des voies ou aux coins trompeusement discrets des corniches est et ouest souvent trahis par l’odeur nauséabonde capable de rivaliser avec les redoutables agresseurs pour faire fuir passants et sportifs en quête d’oxygène.
Il urge d’éduquer les citoyens dans l’adoption volontaire et naturelle d’un comportement citoyen.
A l’instar des centres d’enfouissement techniques ou décharges ouvertes de déchets durs, il importe également d’aménager dans les localités, des sites d’enfouissement ou cimetières animaliers tels que l’exigent la réglementation dans toute politique d’aménagement du territoire. Charge aux propriétaires de ces animaux morts, de s’occuper de leur enterrement ou de le confier à des services privés qui constituent aussi de potentiels partenaires de l’Etat et des collectivités dans leur mission de nettoyage de l’espace public pour le débarrasser des animaux errants morts par accidents ou nuitamment jetés qui participent pour beaucoup à l’obstruction des ouvrages d’assainissement partout où ils existent.
Un comportement individuel citoyen exemplaire participerait pour beaucoup à réduire les inondations. Toutefois, force est de dire que tout vient de l’état d’esprit à assainir d’abord. Ces inondations commencent chez nous sous forme de bouchage dans les réseaux d’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales. En effet, dans nos maisons, lorsqu’on néglige la formation des enfants ou du personnel de maison en laissant ces derniers ouvrir inconsciencieusement les chiffons des éviers et receveurs pour accélérer le débit de circulation des eaux, cela entraîne vers les collecteurs tous types de déchets qui finissent par boucher les réseaux domestiques avant de terminer dans les réseaux collectifs d’assainissement pour les boucher à leur tour. L’attitude requise consiste à enlever les petits débris qui empêchent le bon ruissellement et d’avoir la patience de laisser couler l’important volume d’eau souvent exagérément libéré des robinets tant qu’il n’y a pas de coupure de la distribution d’eau, seules malheureuses occasions qui nous rappellent les gestes et comportements simples mais efficaces pour réduire à la fois la consommation de cette précieuse eau potable et la production excessive d’eaux usées.
Ce changement de paradigme serait plus productif que l’entêtement dans l’erreur et dans la négligence. Nous ne doutons guère de la capacité des concitoyens à s’adapter à une telle discipline si elle est enseignée par la carotte et le bâton. Le niveau d’alphabétisation ou d’étude n’a jamais été un obstacle pour quelqu’un, quelle que soit sa provenance, dans les pays d’accueil qui érigent la discipline et le comportement comme leviers de développement absolument non budgétivores voire générateurs de revenus issus des contraventions.
Nous pouvons y arriver.
Jeter ces bases de développement passerait inévitablement par un rappel des règles du jeu d’abord. Ensuite par une communication appuyée à travers tous les canaux possibles : Presse, école, « dara », chefs religieux et traditionnels, associations, etc. Il sera également important de mettre en place une police civique chargée de la supervision à distance et du contrôle sur le terrain. La redynamisation du service d’hygiène à cet effet, appuyé et assisté par une police civique à travers les entités existantes serait absolument un début de solution et une base départ d’une véritable politique de protection des infrastructures vitales du pays. Politique qui part de l’identification, de la qualification et de la définition des solutions de protection de toutes les infrastructures vitales du pays pour leur donner une résilience nécessaire à la continuité des activités. Les sanctions seront proportionnelles à la gravité des fautes commises et matérialisées grâce à une technologie de pointe mise en place à cet effet. Cette même technologie peut aider au plan opérationnel à travers une application mobile publique permettant le signalement géoréférencé et précis de dépouilles d’animaux, qu’elles soient dans la rue ou chez leurs propriétaires, aux fins d’enlèvement et de traitement.
Conduire un changement de mentalité est certes difficile, mais nécessaire face à l’incivisme notoire.
Toutefois il est préférable que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de ses actes individuels dans la qualité de vie collective. Que chacun soit animé d’une volonté d’épouser ce changement de comportement et de le promouvoir par l’exemple pour influencer et inspirer les tout petits afin qu’une génération grandisse avec des réflexes citoyens et responsables comme simple mode de vie sans contrainte voire avec plaisir. Aucun geste individuel n’est dérisoire. Chaque action compte. Devant le doute ou l’hésitation pour toute action, si anodine ou insignifiante semble-t-elle, posez vous une question : quel serait le résultat si chacun faisait comme moi? La réponse à cette question est porteuse d’une lumière qui éclaire le comportement comme levier de développement. N’attendez pas d’être suiveur, soyez parmi les premiers acteurs du développement.
Djibril SARR, Administrateur SECURIZONS